Blog de Joël Gombin

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Décisions de l’AG des enseignants-chercheurs de la Faculté de droit d’Amiens – examens et notes

Posté par joelgombin le 14 mai 2009

Faculté de droit et de science politique

Décisions des enseignants-chercheurs

Assemblée générale du 14 mai 2009

1- Les examens du second semestre se tiendront à compter du mardi 2 juin selon un calendrier affiché au plus tard le 26 mai.

2 -Les résultats du semestre 2 seront communiqués aux étudiants au plus tard le 10 juillet.

3 – Les résultats du semestre 1 des Licences 1 et Licences 2 seront communiqués aux étudiants au plus tard le 10 juillet.

4 – Les résultats du semestre 1 des Licence 3 et Master 1 seront communiqués aux étudiants au plus tard le 12 juin.

Le Doyen

Motion adoptée par les enseignants-chercheurs
de la Faculté de droit et de science politique
réunis en assemblée générale statutaire le jeudi 14 mai 2009

Après plus de quatre mois d’un très vaste mouvement de protestation sans précédent de la communauté universitaire et scientifique, les enseignants-chercheurs de la Faculté de droit et de science politique dénoncent le passage en force du Gouvernement qui a choisi de profiter des vacances de printemps pour édicter le décret sur le statut des enseignants-chercheurs et celui sur le Conseil National des Universités. C’est donc le Gouvernement qui porte la responsabilité de la crise majeure que connaissent aujourd’hui les Universités.

La communauté universitaire est une et indivisible. Les Enseignants-chercheurs de la Faculté de droit et de science politique affirment en conséquence leur solidarité avec les enseignants-chercheurs du campus et de la Faculté des Arts ainsi que leur indéfectible soutien à leurs collègues des autres disciplines. Ils affirment leur totale confiance dans les décisions que ceux-ci adopteront concernant les modalités d’évaluation des connaissances et demandent au Président de l’UPJV de prendre en compte leurs propositions. Dans l’hypothèse de sanctions prises à l’égard de leurs collègues, les enseignants-chercheurs de la Faculté de droit et de science politique se réservent la possibilité de recourir à de nouvelles modalités d’action.

En outre, les enseignants-chercheurs de la Faculté de droit et de science politique affirment refuser la mise en œuvre du décret statutaire dans leur composante et notamment, l’application de toute modulation à la hausse.

Ne prennent pas part au vote : 3
Abstentions : 6
Pour la motion : 13

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Réforme du contrôle de constitutionnalité

Posté par joelgombin le 22 avril 2009

La révision de la Constitution opérée en juillet 2008 a introduit un article 61-1, qui ouvre la voie à un contrôle de constitutionnalité par voie d’exception, c’est-à-dire au cours d’une instance ordinaire. Concrètement, n’importe quel justiciable, devant un juge relevant du Conseil d’Etat ou de la Cour de cassation (en clair, quasiment tous les juges), pourra demander au juge d’écarter l’application d’une disposition législative qui porterait atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.

Le mécanisme concret devra être fixé par une loi organique qui n’a pas encore été adoptée. Le projet a été présenté en Conseil des Ministres le 8 avril dernier, et le texte peut en être consulté ici.

Le mécanisme retenu est celui de la question préjudicielle : le juge saisi de la question de constitutionnalité doit surseoir à statuer, en attendant que la question de la constitutionnalité ne soit tranchée par le Conseil constitutionnel. Mais, afin d’éviter que les juges de la rue de Montpensier ne soient débordés par l’afflux de demandes, un filtre est institué au niveau de la Cour de cassation et du Conseil d’Etat, respectivement. On peut d’ailleurs s’interroger sur l’opportunité de cette décision : le rôle (c’est-à-dire la liste des affaires pendantes, à traiter) est bien plus longue devant ces juridictions que devant le Conseil. Il eut sans doute été plus judicieux d’étoffer l’équipe de juristes du Conseil, qui pourrait opérer lui-même ce filtre en écartant les demandes dénuées de sérieux. En effet, les juridictions suprêmes jouent un rôle de filtre – ce qui est de plus redondant, la juridiction devant laquelle se déroule l’instance étant soumise aux mêmes conditions de filtre (la réponse à la question est nécessaire à la solution du litige, le Conseil n’a pas déjà statué sur ce texte, la difficulté est réelle). Il n’est pas certain que multiplier les instances amenées à se prononcer allège réellement la masse de travail, ne facilite la procédure ni ne l’accélère. De plus, cela introduit le risque d’une jurisprudence hétérogène, même si on peut parier que le Conseil aura à coeur de l’homogénéiser : chaque juge saisi (le juge de l’instance, sa cour suprême et le Conseil) devra décider si la diffulté est sérieuse ou trancher la question ; or, décider si la difficulté est sérieuse, c’est déjà se positionner sur le fond. Il est donc probable que le juge ordinaire saisira cette opportunité pour opérer, sans le dire, du contrôle de constitutionnalité. Le principe de spécialité du contentieux constitutionnel risque d’en prendre un coup.

Beaucoup de questions se posent encore, et ne seront éclairées que par la pratique (certaines sont abordées ici). Mais on peut d’ores et déjà s’interroger sur le choix du constituant de ne permettre de poser la question de constitutionnalité que dans le cas où les dispositions législatives mises en cause porteraient atteinte aux droits et libertés garanties par la Constitution. On voit mal ce qu’il y avait à perdre à autoriser à invoquer l’ensemble des normes constitutionnelles. En tout cas, la jurisprudence va devoir préciser ce qu’il faut entendre par “droits et libertés”… parions que cela sera passionant (enfin, tout est relatif :) ). De plus, sur le plan théorique, cette solution apparaît pour le moins curieuse : cela signifie-t-il qu’il y a des normes constitutionnelles qui méritent plus d’être protégées que d’autres ?

Autre élément peu satisfaisant sur le plan théorique, l’article 62 al. 2 de la Constitution dispose qu’une disposition déclarée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel (dans le cadre d’une question préjudicielle, donc) est abrogée. La solution traditionnelle est ici que la disposition en question est inappliquée et inapplicable, mais non abrogée : en vertu du principe de parallélisme des formes, seul le législateur devrait avoir le pouvoir d’abroger une loi. Le terme retenu est donc curieux. Cela l’est d’autant plus qu’il est précisé que cette abrogation intervient lors de la publication de la décision du Conseil au JO, ou à une date ultérieure fixée par celui-ci. Si on voit bien les raisons d’opportunité qui peuvent guider un tel choix (ne pas créer de vide juridique), il n’en reste pas moins que cette solution est théoriquement insatisfaisante : si la disposition législative est inconstitutionnelle et reconnue comme telle par le Conseil, qu’est-ce qui justifie qu’elle continue de produire des effets juridiques ?

Le même article 62 al. 2 réserve d’autres surprises : il dispose que “le Conseil constitutionnel détermine les conditions et limites dans lesquelles les effets que la disposition a produits sont susceptibles être remis en cause”. Ce qu’on croyait être une abrogation (disparition de la norme pour le futur) se révèle être un retrait (disparition rétroactive de la norme, supposée n’avoir jamais existé et donc jamais produit d’effets juridiques) modulé… tout comme l’abrogation, le retrait est normalement de la seule compétence de l’auteur de la norme (règlementaire en l’occurence, le retrait n’existe pas en matière législative). Surtout, cette disposition rsique de créer une forte insécurité juridique : quid d’une disposition législative, qui n’aurait pas été contrôlée a priori et dont on peut craindre qu’elle soit invalidée a posteriori ? Le justiciable pourra légitimement lui accorder peu de crédit. Si le contrôle de constitutionnalité laiss toujours planer un doute sur l’applicabilité des dispositions législatives, la solution ici retenue aggrave fortement ce risque en lui donnant des conséquences potentiellement rétroactives.

Enfin, dernière interrogation : pourquoi avoir décidé que le moyen d’inconstitutionnalité ne pouvait être soulevé devant la cour d’assises ? S’il y a bien un cas où il faut s’assurer que les dispositions législatives invoquées respectent la norme suprême, c’est lorsqu’il s’agit de condamner quelqu’un à plus de dix ans de réclusion criminelle. Je suspecte que le gouvernement a voulu éviter des cas dans lesquels des dispositions pénales se seraient trouvées invalidées, alors que ce gouvernement a toujours misé sur la surenchère législative en guise de politique pénale. Cette disposition est d’autant plus curieuse que le moyen d’inconstitutionnalité peut être soulevé en appel.

La simplicité est souvent la meilleure alliée du droit.

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Le retour des TD

Posté par joelgombin le 3 mars 2009

Bonjour,

désolé de l’information tardive (mais relayée par un affichage à la fac) : je reprends mes TD demain, au moins pour cette semaine (à long terme, comme dirait Keynes, nous sommes tous morts).
Il ne faut certainement pas en déduire que nous abandonnons la lutte contre les projets Pécresse. Nous restons au contraire plus mobilisés que jamais. Simplement, en concertation avec les responsables des enseignements que j’assure, nous avons estimé que repousser davantage les cours rendrait la situation ingérable d’un point de vue logistique.
J’en profite pour signaler que l’AG des enseignanst-chercheurs de la Faculté de droit et de science politique, qui s’est tenue aujourd’hui, a décidé :
1°) que les étudiants seront informés, tous les mardis et vendredis à 14 heures, des enseignements qui seront assurés ou pas dans les jours à suivre.
2°) que, je cite, “les enseignants-chercheurs rappellent qu’ils sont attentifs aux inquiétudes exprimées par les étudiants. Ils prendront les mesures permettant aux étudiants de se préparer aux examens, dès lors que les revendications exprimées nationalement auront été satisfaites”.

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Toujours pas de TD la semaine du 16 au 20 février

Posté par joelgombin le 14 février 2009

Troisième semaine de grève à la Faculté de droit et de science politique d’Amiens : probablement du jamais vu…

L’assemblée générale de la Faculté de droit et de science politique, réunie le 13 février, a adopté, à l’unanimité, les motions suivantes :

1°) A l’unanimité, l’assemblée générale statutaire des enseignants-chercheurs de la Faculté de droit et science politique réunie ce jour déclare refuser de participer à la demi-journée organisée le 18 février par la présidence de l’Université, visant à recueillir des propositions de modification relatives à la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

Elle considère, en effet,

  • que l’ordre du jour établi pour cette journée est trop restrictif ;
  • que cette réunion intervient trop tardivement, les maquettes ayant été remontées ce jour ;
  • qu’elle est de surcroît inutile puisque la position de l’Université a déjà été clairement exprimée par le vote unanime des différents conseils (votes des CS et CEVU du 12 février).

2°) A l’unanimité, l’assemblée générale statutaire des enseignants-chercheurs de la Faculté de droit et science politique réunie ce jour :

  • Appelle à poursuivre et intensifier le mouvement de grève en cours contre les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui menacent gravement l’avenir de l’université ;
  • Tient à rappeler que ce mouvement vise à défendre l’intérêt de l’université et, plus particulièrement, les intérêts et l’avenir des étudiants. Elle précise que les modalités de rattrapage ou de report éventuel des cours seront arrêtées dès lors que le gouvernement aura retiré les projets de réforme controversés ;
  • Appelle les chargés de travaux dirigés à suspendre, en conformité avec la suspension des cours magistraux, leurs enseignements, dans la semaine du 16 au 20 février.

3°) Les enseignants s’engagent à informer les étudiants de leur absence, par voie d’affichage, au plus tard la veille des enseignements prévus.

Pour ma part, et en accord avec ces motions, je n’assurerai pas d’enseignements la semaine du 16 au 20 février.

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Toujours pas de TD cette semaine

Posté par joelgombin le 9 février 2009

Le mouvement contre le décret Pécresse et contre la mastérisation continue et s’amplifie considérablement. Nous entrons dans la deuxième semaine de grève généralisée dans l’ensemble des universités françaises, toutes facultés confondues : c’est quasi-inédit. Et donc, pour ma part, pas de TD ce mardi 10, d’autant que c’est une journée nationale de mobilisation.
Pour les étudiants : vous devez bien comprendre que ce mouvement n’est ni contre vous, ni indifférent à votre égard. Au contraire, il se fait aussi pour vous, et espérons-le, avec vous : si le projet Pécresse passe, l’enseignement sera conçu comme une punition, et vous aurez en face de vous, au mieux des enseignants stressés et pressés d’en finir pour en revenir à leur précieuse recherche, seule susceptible d’améliorer leur évaluation ; au pire, des enseignants mal évalués, démotivés, peut-être “mauvais” chercheurs, et en tout cas fatigués. Dans tous les cas, la qualité de l’enseignement sera clairement la grande perdante de cette réforme.

De plus, en toute logique, des initiatives comme ce blog devraient disparaître si le décret passe : quelle incitation aura un enseignant-chercheur à consacrer du temps à un support qui n’est pas pris en compte dans son évaluation ?

PS : j’ai mis en ligne le synopsis de mes TD de sociologie politique en L3. Ceux qui le souhaitent peuvent ainsi commencer à lire les textes, pour la plupart disponibles sur Persée.

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Pas de TD cette semaine (ni de notes)

Posté par joelgombin le 1 février 2009

Comme vous le savez sans doute, l’enseignement supérieur français est actuellement traversé par un profond mouvement de protestation. En particulier, à partir de ce lundi 2 février, il a été décidé une grève illimitée. Les collègues de la faculté de droit d’Amiens s’associant à ce mouvement, mes TD ne seront pas assurés cette semaine.

De plus, comme dans un très grand nombre d’établissements, nous pratiquons la rétention administrative des notes.

Pour s’informer sur les raisons de ce mouvement, parmi bien d’autres sites :

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La biblio pour les nul(le)s

Posté par joelgombin le 27 janvier 2009

Ma camarade, collègue et amie Béatrice fait un post sur “faire une bibliographie pour les nuls/nulles”. Je ne peux qu’y renvoyer mes étudiants !

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Obama

Posté par joelgombin le 21 janvier 2009

Je ne vais évidemment pas me désolidariser de l’Obamania ambiante. Comme tout le monde, sa campagne, son élection et son investiture hier m’ont ému et enthousiasmé.

Il me semble néanmoins que, contrairement à ce que beaucoup semblent croire, ce qui fait la force d’Obama n’est la rupture mais au contraire sa très grande continuité. Je m’explique : il me semble (sur une base pifométrique, je l’avoue) que la rhétorique d’Obama s’inscrit complètement dans le champ  sémantique américain classique, celui d’une nation prophétique, celui de la fidélité aux Pères fondateurs (il l’a rappelé hier), celui du leadership du monde, celui d’un discours moraliste… Mon hypothsèe est que, si le discours d’Obama rencontre un tel écho, c’est précisément parce que, comme Roosevelt ou Kennedy avant lui, il a su revitaliser ce discours, celui de l’American Dream, lui redonner une crédibilité, un attrait pour une grande partie des Américains. Comme Martin Luther King, Obama n’appelle pas à rompre avec la tradition, mais au contraire à la revitaliser, à lui redonner un sens.

Un élément de confirmation de cette hypothèse se trouve dans le nuage de mots du discours d’investiture d’Obama que propose le New York Times. En effet, “nation” est le mot le plus utilisé par le nouveau président dans son discours, suivi par “America” puis par “people”.

Cet outil est d’ailleurs passionant, puisqu’il permet de survoler tous les discours d’investiture depuis celui de George Washington. On s’aperçoit notamment que, durant la seconde moitié du vingtième siècle, dans leurs discours d’investiture, les présidents démocrates parlent surtout de la “nation” (comme Truman, Kennedy, Lyndon Johnson, Jimmy Carter ou Obama – seul Clinton semble faire exception), tandis que les présidents républicains évoquent le “government” (pour en demander la diminution ?) et la “freedom” ou “liberty” (cf. Eisenhower, Reagan, Bush fils – le pattern est moins net ici, et Nixon ou Bush père apparaissent comme des exceptions).

Ce survol très rapide et superficiel me semble permettre de sentir, un peu, la manière extrêmement différente dont le débat politique se structure des deux côtés de l’Atlantique. De quoi, pour le moins, relativiser les propos de Ségolène Royal (j’avoue, j’ai d’abord cru à une blague…).

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Comment les nouvelles technologies peuvent transformer la pédagogie

Posté par joelgombin le 16 janvier 2009

Un article très intéressant du New York Times sur la manière dont, au MIT, les enseignements magistraux de physique en première année ont été radicalement transformés : http://www.nytimes.com/2009/01/13/us/13physics.html

Du point de vue financier, ça fait rêver : à 2,5 millions de dollars la salle équipée, on n’est pas près d’en voir dans nos universités françaises…

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Statut des enseignants-chercheurs : la réaction

Posté par joelgombin le 14 janvier 2009

Certains lecteurs de ce blog le savent bien : le décret de 1984 qui régit le statut des enseignants-chercheurs fait actuellement l’objet d’un projet de révision. La ligne directrice en est une individualisation des obligations de service des agents, qui seraient à l’avenir fixés par le président d’université.

Cette réforme suscite la colère, à mon sens légitime, d’un grand nombre d’enseignants chercheurs. Mais je n’en parle pas plus ici : bien d’autres le font mieux que je ne saurais le faire.

Ce sur quoi je voulais revenir est un texte qui a beaucoup circulé dans cette mobilisation, y compris sur des listes de diffusion se voulant assez “radicales”. Il s’agit d’une analyse juridique du projet de décret par Olivier Beaud, professeur de droit public et l’un des animateurs de Qualité de la science française, une organisation universitaire plutôt mandarinale et conservatrice, voire réactionnaire (j’assume la pleine responsabilité de ces propos). Aussi, étais-je pour le moins surpris de voir ce texte systématiquement repris par mes collègues et néanmoins camarades.

Il s’avère que je ne suis pas le seul à penser de la sorte : comme le signale Jean-François Méla, Claire Oger, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à Paris 13 a écrit un texte critique sur la note d’Olivier Beaud.

Le débat s’établit grosso modo de la manière suivante : Beaud effectue une critique jacobine du projet ministériel, expliquant qu’il constitue une atteinte au caractère national du statut des fonctionnaires que sont les enseignants-chercheurs, et que le risque encouru est le “féodalisme à la française”.  Pour Beaud, la gestion centralisée des universitaires est la garantie des “libertés universitaires”. On conçoit alors que ce discours ait rencontré un écho à gauche, voire à l’extrême-gauche : elles sont, en France, largement jacobines.

Claire Oger, quant à elle, souligne que ce n’est pas tant le niveau de décision (national ou local) qui importe, que le mode de désignation et d’exercice du pouvoir : élection (comme au CNU, au moins partiellement) ou nomination (comme à l’AERES) en particulier. De plus, le modèle défendu par Beaud serait un modèle très réducteur, qualifié par lui de “professeur du supérieur”, et qui est, en creux, le modèle du mandarin sorbonnard d’avant 1968. C’est pourquoi Claire Oger l’accuse de défendre un modèle de “caste”. Aussi conclut-elle en en appelant à trouver de “meilleurs alliés”…

Querelles des anciens contre les modernes ? Pas seulement, je pense. Le monde universitaire français, me semble-t-il, est profondément traversé par une double référence au corporatisme (je n’accole pas nécessairement de connotation négative à ce terme) d’une part, au jacobinisme d’autre part. Depuis quelques années, une référence managériale se déploie progressivement, du côté de la CPU essentiellement, avec un fort écho du côté des politiques (beaucoup moins, me semble-t-il, du côté de l’administration centrale du ministère). C’est le mélange si particulier entre ces trois logiques, qui s’entrecroisent plus qu’elles ne s’opposent frontalement, qui explique le fonctionnement actuel de l’université française.

De sorte que, selon la position objective de chacun et ses orientations politiques, s’opposer au projet de décret ne signifie pas la même chose…

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