Blog de Joël Gombin

Une interface entre moi et le monde

Archive for janvier 2009

La biblio pour les nul(le)s

Posted by joelgombin sur 27 janvier 2009

Ma camarade, collègue et amie Béatrice fait un post sur « faire une bibliographie pour les nuls/nulles ». Je ne peux qu’y renvoyer mes étudiants !

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Obama

Posted by joelgombin sur 21 janvier 2009

Je ne vais évidemment pas me désolidariser de l’Obamania ambiante. Comme tout le monde, sa campagne, son élection et son investiture hier m’ont ému et enthousiasmé.

Il me semble néanmoins que, contrairement à ce que beaucoup semblent croire, ce qui fait la force d’Obama n’est la rupture mais au contraire sa très grande continuité. Je m’explique : il me semble (sur une base pifométrique, je l’avoue) que la rhétorique d’Obama s’inscrit complètement dans le champ  sémantique américain classique, celui d’une nation prophétique, celui de la fidélité aux Pères fondateurs (il l’a rappelé hier), celui du leadership du monde, celui d’un discours moraliste… Mon hypothsèe est que, si le discours d’Obama rencontre un tel écho, c’est précisément parce que, comme Roosevelt ou Kennedy avant lui, il a su revitaliser ce discours, celui de l’American Dream, lui redonner une crédibilité, un attrait pour une grande partie des Américains. Comme Martin Luther King, Obama n’appelle pas à rompre avec la tradition, mais au contraire à la revitaliser, à lui redonner un sens.

Un élément de confirmation de cette hypothèse se trouve dans le nuage de mots du discours d’investiture d’Obama que propose le New York Times. En effet, « nation » est le mot le plus utilisé par le nouveau président dans son discours, suivi par « America » puis par « people ».

Cet outil est d’ailleurs passionant, puisqu’il permet de survoler tous les discours d’investiture depuis celui de George Washington. On s’aperçoit notamment que, durant la seconde moitié du vingtième siècle, dans leurs discours d’investiture, les présidents démocrates parlent surtout de la « nation » (comme Truman, Kennedy, Lyndon Johnson, Jimmy Carter ou Obama – seul Clinton semble faire exception), tandis que les présidents républicains évoquent le « government » (pour en demander la diminution ?) et la « freedom » ou « liberty » (cf. Eisenhower, Reagan, Bush fils – le pattern est moins net ici, et Nixon ou Bush père apparaissent comme des exceptions).

Ce survol très rapide et superficiel me semble permettre de sentir, un peu, la manière extrêmement différente dont le débat politique se structure des deux côtés de l’Atlantique. De quoi, pour le moins, relativiser les propos de Ségolène Royal (j’avoue, j’ai d’abord cru à une blague…).

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Comment les nouvelles technologies peuvent transformer la pédagogie

Posted by joelgombin sur 16 janvier 2009

Un article très intéressant du New York Times sur la manière dont, au MIT, les enseignements magistraux de physique en première année ont été radicalement transformés : http://www.nytimes.com/2009/01/13/us/13physics.html

Du point de vue financier, ça fait rêver : à 2,5 millions de dollars la salle équipée, on n’est pas près d’en voir dans nos universités françaises…

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Statut des enseignants-chercheurs : la réaction

Posted by joelgombin sur 14 janvier 2009

Certains lecteurs de ce blog le savent bien : le décret de 1984 qui régit le statut des enseignants-chercheurs fait actuellement l’objet d’un projet de révision. La ligne directrice en est une individualisation des obligations de service des agents, qui seraient à l’avenir fixés par le président d’université.

Cette réforme suscite la colère, à mon sens légitime, d’un grand nombre d’enseignants chercheurs. Mais je n’en parle pas plus ici : bien d’autres le font mieux que je ne saurais le faire.

Ce sur quoi je voulais revenir est un texte qui a beaucoup circulé dans cette mobilisation, y compris sur des listes de diffusion se voulant assez « radicales ». Il s’agit d’une analyse juridique du projet de décret par Olivier Beaud, professeur de droit public et l’un des animateurs de Qualité de la science française, une organisation universitaire plutôt mandarinale et conservatrice, voire réactionnaire (j’assume la pleine responsabilité de ces propos). Aussi, étais-je pour le moins surpris de voir ce texte systématiquement repris par mes collègues et néanmoins camarades.

Il s’avère que je ne suis pas le seul à penser de la sorte : comme le signale Jean-François Méla, Claire Oger, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à Paris 13 a écrit un texte critique sur la note d’Olivier Beaud.

Le débat s’établit grosso modo de la manière suivante : Beaud effectue une critique jacobine du projet ministériel, expliquant qu’il constitue une atteinte au caractère national du statut des fonctionnaires que sont les enseignants-chercheurs, et que le risque encouru est le « féodalisme à la française ».  Pour Beaud, la gestion centralisée des universitaires est la garantie des « libertés universitaires ». On conçoit alors que ce discours ait rencontré un écho à gauche, voire à l’extrême-gauche : elles sont, en France, largement jacobines.

Claire Oger, quant à elle, souligne que ce n’est pas tant le niveau de décision (national ou local) qui importe, que le mode de désignation et d’exercice du pouvoir : élection (comme au CNU, au moins partiellement) ou nomination (comme à l’AERES) en particulier. De plus, le modèle défendu par Beaud serait un modèle très réducteur, qualifié par lui de « professeur du supérieur », et qui est, en creux, le modèle du mandarin sorbonnard d’avant 1968. C’est pourquoi Claire Oger l’accuse de défendre un modèle de « caste ». Aussi conclut-elle en en appelant à trouver de « meilleurs alliés »…

Querelles des anciens contre les modernes ? Pas seulement, je pense. Le monde universitaire français, me semble-t-il, est profondément traversé par une double référence au corporatisme (je n’accole pas nécessairement de connotation négative à ce terme) d’une part, au jacobinisme d’autre part. Depuis quelques années, une référence managériale se déploie progressivement, du côté de la CPU essentiellement, avec un fort écho du côté des politiques (beaucoup moins, me semble-t-il, du côté de l’administration centrale du ministère). C’est le mélange si particulier entre ces trois logiques, qui s’entrecroisent plus qu’elles ne s’opposent frontalement, qui explique le fonctionnement actuel de l’université française.

De sorte que, selon la position objective de chacun et ses orientations politiques, s’opposer au projet de décret ne signifie pas la même chose…

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Redécoupage des circonscriptions : le Conseil constitutionnel inflige un camouflet au gouvernement

Posted by joelgombin sur 9 janvier 2009

J’avais déjà, sur ce blog, évoqué la question du redécoupage des circonscriptions législatives. Comme déjà en 1986, le gouvernement a demandé au Parlement l’autorisation de pouvoir procéder à ce redécoupage par la voie des ordonnances de l’article 38 de notre Constitution – en clair, l’autorisation de faire la loi tout seul, ou presque.

La loi autorisant le gouvernement à procéder par ordonnance ayant été soumise à la sagacité du Conseil constitutionnel par les soins des parlementaires socialistes, l’institution de la rue Montpensier a rendu ce jeudi 8 janvier une décision. Autant le dire tout de suite : c’est un camouflet pour le gouvernement.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la loi que le Conseil a examiné aujourd’hui n’est pas celle qui effectue effectivement le découpage. Elle se contente d’autoriser le gouvernement à le faire, et définit les principes qui devront guider celui-ci dans sa tâche. C’est sur ce dernier point que les Sages ont eu l’occasion de s’exprimer.

On sent les juges pour le moins méfiants. Ainsi, après avoir rappelé dans un considérant de principe que l’Assemblée nationale est élue sur des « bases essentiellement démographiques », il affirme – comme ça, pour la route – que les exceptions éventuelles à ce principe, motivées par des raisons générales ne peuvent être que limitées.

L’application de ce principe conduitle Conseil à censurer une première disposition, qui autorisait le gouvernement à prendre en compte l’écart d’évolution entre la population et les inscrits sur les listes électorales. L’idée n’est pas forcément idiote ; mais le Conseil semble bien craindre que cette possibilité ne soit mal exploitée, et donc la déclare inconstitutionnelle. La confiance règne.

Ensuite – et c’est là une décision importante -, le Conseil décide de revenir – de sa propre initiative ! – sur la règle des deux députés minimum par département. On sait que c’était une des sources importantes de disparité : la Lozère comptant nécessairement deux circonscriptions, cela faisait une circo à environ 32 000 inscrits… Du point de vue de l’égalité devant le suffrage, c’est donc une bonne nouvelle ! Comment le Conseil justifie-t-il cette décision, qui va faire pleurer dans les chaumières des députés des plus petits départements (dont beaucoup vont mécaniquement se retrouver à la retraite d’office en 2012) ? Simple : le constituant ayant décidé de limiter à 577 le nombre de députés (révision constitutionnelle du 23 juiullet 2008), et le même constituant ayant par ailleurs décidé de créer des postes de députés des Français de l’étranger (une idée de l’UMP pour se sécuriser quelques sièges supplémentaires, les Français de l’étranger votant nettement plus à droite que ceux pas-de-l’étranger), le Conseil constitutionnel considère – à juste titre – que, sauf à supprimer la règle des deux députés par département, cela ne pouvait qu’accroître les disparités démographiques. Ce faisant, le Conseil fait un joli coup contre l’UMP : à vue de nez, il semble que les circonscriptions les plus menacées de disparition soient plutôt tenues par des députés UMP (mais je ne peux pas le vérifier, car bizarrement, l’INSEE, qui vient de sortir les chiffres officiels du recensement 2006, ne les fournit pas par circonscription). Si tel était bien le cas, l’UMP ferait – toutes choses égales par ailleurs – une opération blanche, perdant en métropole les députés qu’elle gagnerait parmi les Français de l’étranger… Ca ne m’étonnerait pas que le trio Debré-Chirac-Giscard soit derrière ce petit calcul !

Par ailleurs, le Conseil se montre aussi très méfiant, et émet des réserves d’interprétation, concernant les DOM et TOM d’une part, et la question de la contiguïté des circonscriptions d’autre part. Dans les deux cas, il pose des balises pour empêcher le gouvernement de faire des tripatouillages à sa sauce – ou en tout cas, c’est bien ce que sembelnt craindre les Sages.

C’est donc à mon sens unebonne décision que celle-ci, qui envoie un sérieux coup de semonce au gouvernement, sur le mode : « on vous voit venir et on vous attend au tournant ». De ce point de vue, il me semble que le Conseil se montre plus ferme que par le passé. Ceci étant dit, comme je l’avais déjà signalé, le Conseil ne se soucie toujours que d’équilibre démographique. La question de l’honnêteté du découpage, et des biais partisans que celui-ci peut provoquer, reste ignorée par le Conseil (au-delà du principe de contiguïté).

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