Blog de Joël Gombin

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Faut-il évaluer les enseignements ?

Posted by joelgombin sur 17 décembre 2008

Le Monde a publié récemment plusieurs chroniques (textes rédigés par ses lecteurs, pouvantêtre signés sous pseudonyme) ayant trait à la question de l’évaluation des enseignants/enseignements par les étudiants. En cette période d’évuluationnite aiguë de la part du gouvernement (AERES, classement des revues scientifiques par cette dernière instance, classement européen des universités…), et du coup d’inquiétudes dans le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur, ces papiers (et surtout le premier d’entre eux) ont fait du bruit et provoqué un peu d’émoi.

Voici donc les papiers : numéro un, numéro deux et numéro trois.

Et voici ma réaction, initialement diffusée sur une liste interne à l’UPJV.

Il me semble qu’ici comme dans d’autres cas, nous gagnerions à ne pas systématiquement céder au réflexe pavlovien du « non », mais bien à réfléchir.  Après tout, n’est-ce pas notre devoir, que ce soit en tant qu’étudiants ou enseignans-chercheurs ?

Personnellement, j’ai été en contact avec l’évaluation des enseignements par deux biais. La première fois en tant qu’étudiant : à l’IEP d’Aix, où j’ai fait mes études, tous les enseignements sont systématiquement évalués tous les deux ans. Ce qui m’y a le plus frappé, c’est le décalage entre la qualité du travail d’évaluation effectué par les étudiants (il se trouve que j’ai eu accès à certains des résultats de l’exercice d’évaluation), et le mauvais usage qui en était fait par la direction de l’institution (qui, en gros, ne sortait ces résultats que lorsqu’elle souhaitait, de toute façon, se séparer de tel ou tel intervenant extérieur/vacataire).
Le deuxième fois où j’ai connu l’évaluation des enseignements, c’est en tant qu’enseignant : depuis que j’enseigne (c’est la cinquième année, sous divers statuts et dans divers cadres), je m’astreins à faire évaluer chacun de mes enseignements par mes étudiants. Il s’agit donc d’un exercice à ma propre initiative, et dont les résultats ne sont destinés qu’à moi. J’en tire un bilan très positif : les évaluations et suggestions des étudiants sont en général bien informés, « raisonnables ». C’est pour moi un outil utile, pas forcément absolument primordial mais qui, pour un débutant de l’enseignement comme moi, m’aide à améliorer mes pratiques.

Les questions à poser me semblent donc être celles des modalités d’accomplissement et des finalités de l’évaluation, plutôt que celle de l’évaluation en tant que telle. Après tout, en tant qu’enseignants-chercheurs, nous sommes des fonctionnaires, chargés d’un service public. Ce service public doit donc être au service du public, et sauf à défendre une vision assez passéiste de l’enseignement, il me semble que dans l’enseignement supérieur, les destinataires, les usagers de ce service peuvent éventuellement avoir leur mot à dire avec quelque pertinence. Je suis d’ailleurs frappé de l’image assez méprisante qui est renvoyée des étudiants par l’article cité. Peut-être parce que les miens ne sont pas américains (NB : joke inside), mais ils ne correspondent certainement pas à cette image.

2 Réponses to “Faut-il évaluer les enseignements ?”

  1. Vadim M2 EPP UPJV said

    Merci pour le mail sur la mailling liste du comité de mobilisation. L’évaluation n’est pas une mauvaise chose en soi, loin de là. C’est plutôt la question des usages qui est à poser.
    Etant moi-même en master évaluation des politiques publiques,je vois bien que l’évaluation peut vraiment améliorer les choses, à condition qu’elle ne soit pas faite dans le but de sanctionner, mais de permettre de s’améliorer.

  2. c said

    L’évaluation des enseignements est évidemment nécessaire, et c’est un outil précieux pour améliorer ses pratiques.

    Ceci dit, à titre personnel je trouverais aussi normal que l’université qui la pratique invite en amont l’ensemble des enseignants à se soucier de la qualité et de la coordination des enseignements en tant qu’équipe, et donne aux enseignants débutants (et contractuels) souvent un peu livrés à eux-mêmes les moyens d’apprendre de leur pairs plus expérimentés (par exemple, en donnant un référant aux ATER qui font des cours magistraux dans une institution ou un diplôme qu’ils découvrent à peine?), au lieu de le faire uniquement par leurs propres tâtonnements et erreurs…

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